Reportage
de
François Paquin

PDA c/ NLI
(Nouvelle Ligue d'improvisation )
06 février 2009

Photos
de Michel Pagé


Le match en images

 

Il y avait de la bien belle jeunesse sur la patinoire de la Place des Aînés en ce froid vendredi de février 2009. Ces jeunes improvisateurs, dont certains se sont fait "carter" au restaurant après le match -- c'est vous dire -- ont apporté fraîcheur et chaleur dans la Place, malheureusement dégarnie de spectateurs ce soir-là. Certains de nos visiteurs habituels auraient, selon certains, préféré regarder le match télévisé des Canadiens de Montréal, alors que le véritable événement sportif de la soirée se passait entre les quatre bandes de l'enceinte de PDA. Dommage, puisque c'était une occasion en or de voir évoluer les joueurs de la relève et de constater à quel point ils établissent une belle complicité avec leurs aînés. Encore une fois, ce match d'improvisation a donné lieu à de belles trouvailles créatives et à du jeu théâtral inspiré. On a assisté, dès le début, à des révélations étonnantes au moment où chacun des joueurs a été invité à venir avouer de bien étranges choses. Le ton était lançé et les spectateurs ont eu le plaisir de faire d'autres belles découvertes tout au long du match. Les trois étoiles de la soirée ont été décernées à Françoise Vidal de la PDA (3e), et à Sébastien Picard et Kévin Marquis de la NLI (respectivement 2e et 1re étoiles). Les photos qui suivent illustrent le jeu dynamique des participants de la rencontre.

 

En improvisation, le chandail est traditionnellement le seul accessoire pouvant être utilisé pendant le match d'impro. Les jeunes utilisent à bon escient et fréquemment cet avantage qui leur permet de camper leur personnage de façon claire sans avoir à décliner longuement leur identité. Les joueurs de la NLI, Sébastien Picard et Kévin Marquis, nous le démontrent brillamment ici en se métamorphosant en couple homosexuel pendant que Raphaël incarne un serviteur. Une leçon pour les joueurs de PDA qui hésitent souvent à se départir de leur chandail.

 

 

Ici, Sébastien Picard a utilisé le chandail d'un autre joueur de façon originale pour faire valoir son point de vue. Dans l'improvisation-débat sur la chirurgie esthétique, il en a mis plein la vue à Roger qui, devant une telle démonstration, cherchait les arguments pouvant nier les résultats spectaculaires de la médecine moderne.

D'ailleurs, dans ce débat, on aurait pu invoquer les mérites de ces fabuleux implants comme mesures de remplacement des ballons gonflables des voitures.

 

 
Les cubes à la PDA sont exceptionnellement permis, et comme le chandail, deviennent, au gré des impros,
objets usuels ou objets hétéroclites, selon la fantaisie des joueurs.

 

 

L'improvisation, on le répète continuellement, implique de l'écoute et de la complicité. Ici, le thème était "l'annonce de mise à pied" et David, de la NLI, est entré sur la patinoire en rampant, démontrant qu'il n'avait pas de pieds. Roland n'en a pas tenu compte et lui a annoncé qu'il était mis à pied, décidant vraisemblablement de jouer le premier niveau tel que retenu dans le caucus des Blancs. Beau joueur, Raphaël est intervenu en représentant syndical pour redonner un sens à l'histoire.

 

En ces temps de crise financière, il n'est pas nécessairement prudent d'accorder une première carte de crédit à des jeunes dont l'appétit pour la surconsommation semble démesuré et farfelu. C'est du moins ce que nous ont démontré les joueurs des deux équipes dans cette improvisation comparée.

 

Dans cette improvisation de catégorie "alphabet maudit", Daniel est venu à la rescousse de Françoise. Pendant ce temps, Kevin s'accordait un moment de réflexion pour remettre, dans sa tête, les lettres de l'alphabet dans le bon ordre.

 


"It takes two to tango" selon l'expression consacrée et PDA l'a prise au pied de la lettre y allant d'une danse traditionnelle au son d'une chanson interprétée par Françoise et Roger. Les joueurs de la LNI ont préféré en moderniser la présentation y allant d'une chorégraphie originale et utilisant les bandes comme instrument de percussion. Une image évocatrice de l'écart des générations.

 

L'impro du public "Le voyage en France" a donné lieu à un jeu vaudevillesque que le public a fort apprécié. L'arbitre a cependant sévi, donnant une punition de cliché au joueur Kevin. Ce dernier avait décidé d'imiter le nouvel humoriste québécois Pierre Hébert en lui empruntant le personnage de Renaud (déficient intellectuel du téléroman Annie et ses hommes). Comme quoi, pour une équipe, il est plus important de travailler à la qualité du spectacle et à la satisfaction du public que de rechercher indûment la victoire.

 

C'est le frère du maire Tremblay qui aurait été content de constater que les joueurs de la NLI portaient leurs semelles à crampons dans cette impro. On est jamais trop prudent!

 

 

 
C'est devant Pascal que Roger s'est retrouvé pour jouer l'impro rimée. Il aurait sûrement préféré affronter Éloïse puisque le thème était "le coup de foudre". En improvisation de catégorie libre, on ne sait jamais qui l'on va croiser sur la patinoire et on doit continuellement composer avec la situation du moment. Ce que les joueurs ont été obligés de faire dans l'illustration de droite lorsque s'est présenté un drôle de huissier asiatique venu saisir une télévision. Juste avant les émissions populaires du dimanche: faut vraiment pas avoir de coeur!

 

Comme toujours en fin de match, la satisfaction se dégageait des mines réjouies des acteurs. Ce sont, dans l'ordre habituel, Andrée Brien, Noëlla Lessard, Pascal Picard, Lucille Tassé, François Paquin, Éloïse Choquette, Roger Bigras, Sébastien Picard (accroupi), Roland Lafleur, David Bourgeois, Françoise Vidal et, à l'arrière, Kevin Marquis, Raphaël Couture et Daniel Loyer.